Mongreal's KingDOM

Le domaine de Mongreal

03 mai 2008

Ecriture

Puisses-tu mon Inconstance, avoir pitié de moi
Guéris tout en blessant mes plaies et mon émoi,

Car en prenant la plume j’exprime doublement

Ce que le Maître fait, ce que l’amante ressent

Lors, je suis et le cachot et la proie servile
Le cri de ma victime, la voix de son bourreau

Les joies de mon aimée, mes désirs immoraux

Qui en me dédoublant, rendent ma main fertile.
Je souscris par ces traits à coucher sur la feuille

Un peu de mon bonheur, une part de mes écueils

Les souvenirs fébriles de jours, de nuits, d’aurores

Dont ma mémoire s’emplit de fragments parcellaires

Un soir de fièvre ardente, un jour de réconfort

Promenant nos ébats depuis l’étoile Polaire

Vers nos caves secrètes dissimulées sous terre

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20 mars 2008

Le bonheur de ton Maître à te voir son objet

J’imposerai les silences, je provoquerai les cris. Je jouirai de ton corps, encore, encore, encore. Ta vie sera ma vie et ton âme la mienne, là ou mon vouloir ira, le tien saura le suivre.
Tout plaisir aiguisé au fond de ma psyché sera dans cette sphère par toi réalisé.
Et plus que Dévotion ma nymphe Néréide, tu raviras ta gorge aux sources du désir.
Moi, dans ce paradis, je mépriserai la terre, et le ciel ne sera rien au prix de ta beauté.

…Si belle dans mon regard qu’il en boira tes yeux, et par lui restitué, le bonheur de ton Maître à te voir son objet.

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17 décembre 2007

Chaud

A mes pieds elle formule son rêve de brûlure.
Porté dans son sein nu et dans sa croupe offerte
Dans ses vœux d’abandon, dans sa volonté pure, 
Ce démon tourmenté hurle dans sa tête
.
Peux-t-elle vivre ce songe puis aux flammes périr ? 
Des brûlots de passions allumant dans mes ailes 
Un élan d’amour pour un désir criminel
Je réponds à l'envie qu'il reste à l'assouvir !
.
Je déploie sur l’enfer ma partiale justice,
En guettant son vouloir de subir cet éclair.
Lors ma chienne docile alimentée de sévices
Donnant son âme aux flammes, luie dans ce feu clair
.
Du chaudron infernal à jamais ne ressort 
Qu’une éternelle défiance à l’implacable mort.
Aux flots d’incertitudes ou règne ma tendresse
J’attends au bord de l’eau d’y noyer l’allégresse.
.
Je chérie son vouloir, son désir et ses yeux
Je louerais son âme et son corps sulfureux
Brillera pour les autres d’un  éternel brasier   
Au foyer duquel, moi, j’ai fait ma cécité.

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01 décembre 2007

Serpent de cuir

Elle ne dort pas.
Je suis là, derrière elle, le poing serré étranglant l'animal fabuleux qui le temps d'un claquement la lie à moi.
L'orage au dehors ne la fait pas frissoner, elle sait sur la fenêtre que la pluie dégouline. Elle sait mais elle ne voit pas. 
Face a elle un mur ou son ombre est portée et son corps déformé, torturé.
Elle ne souffre pas, elle ne bouge pas, le pourrait elle ? Figée, baillonée, ligotée, empalée debout sur deux pieux d'ébène, elle attend la morsure du serpent de cuir. 
Les yeux grand ouverts, noyés, sa joue ruisselante, son regard vers l'ailleur qui ne voit qu'au dedans et la jouissance hote encore à ses peines doublées l'usage de sa voix et celui de ses cris.

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Orage

…Mille fois répété ce mot privé de sens meurt entre ses lèvres. Sait elle jouir à présent dans cette dépravation ? Loin devant, un arbre brisé étend ses branches à l’agonie. Elle est perdue dans cette perspective d’orage, noyée, broyée, par le reflux des nuages noirs qui barre l’horizon. 
Crucifiée dans un champ de blé, quoi de plus beau ?   
Elle n’y est jamais meilleure qu’hier, et chaque fois pourtant elle y demeure un sujet de contemplation. Elle s’y emploie à désirer mon bonheur au rang d’ultime offrande. Elle y vit de grands tourments ponctués de divines errances. Elle ne saurait en être absente et pour autant elle ne peut y trouver refuge.    
…Ce lieu ou une jouissance assassine en quelques jets salés ce qu’à force d’aimer j’ai construit pour deux. 
Moi, aveugle aux éclats de mes propres flammes…brûlantes, toi tu le sais bien.

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Physique sensorielle

…J’ordonne, tu obéis. Comme autant d’axiomes d’une physique prégnante, régissant notre sphère intime…et rêvée.
« Rêvée »
Rien ne m’atteint plus. L’au dehors est une notion floue qui se laisse exister mollement dans ma conscience sans vraiment l’habiter.
L’en dedans est une quiétude aphone.  La bulle est close sur un monde de silence ou subsiste une lumière timide. Le temps y passe sans permettre la mesure des durées…Les scènes enchainées comme les corps, avec eux, sans distinction de nature. Il n y a qu’une seule essence, un seul besoin, pour un seul objectif : Vivre une perfection fantasmée.   
L’espace est replié, la distance à l’état de concept, toutes les surfaces sont entrées en contact.   
Une chaleur humide, rageuse, s’étend à la mesure de la fugue cardiaque que je joue sur elle…mon jouet. La sueur, dualité d’effort et de plaisir, brouille ce qui reste des contours du monde.
La fin est proche, inexorable, et dans la contraction du temps propre à ce microcosme, elle est en fait déjà sur nous. 
La vraie violence est là, mais rien dans sa présence ne suggère la fuite. La douleur à cet instant, est un accessoire du bonheur et l’instrument de sa jouissance.

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Perspectives

Elle
Elle saura s’approcher, elle saura me toucher, elle me comprendra dans l’absence de parole et son initiation se fera sans nécessité de souffrance. Elle sera ma quête de pureté transcendante et survivra au rapprochement éphémère de nos individualités.
Elle sera toute entière maîtrisée, dévouée totalement à la cause de mon pouvoir sur elle. Elle saura toujours progresser, toujours s’inquiéter de mieux faire. Elle n’ira jamais vers la facilité. 
Elle ne sera jamais victime.

Moi
Je la prendrai encore et encore, j’enverrai mourir sur elle une armée d’envies lapidaires. J’en ferai une perfection sculpturale d’asservissement volontaire, le corps dédié d’un esprit assoiffé de jouissance. Je lui insufflerai ma passion, mon désir, rien de moi ne lui échappera. 
Tout sujet en sommeil et tout objet en éveille, toute ma psyché sera sienne. 
Son cheminement dans ma voix, son chemin dans ma voie.

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Dual

-Elle- Sortant de chrysalide dans un air supplicié ou à 
force d'aimer on finit par pleurer.
-Lui- Une main de tendresse, une autre moins caline.
-Elle- Un coeur sous sa poitrine, et la cire dessus.
-Lui- Brisant ses propres chaînes, en dessinant son corps....A force de zébrures, à force de morsures.
-Elle- La rétine calcinée des brûlures fulgurantes qui ravissent son âme en abimant sa chaire.
-Lui- Homme dual, dressé devant elle. Ce que l'amant déguste, le Maître le dévore. 

-Elle- Mille fois vaincue, et deux fois vainceur d'avoir pour l'un l'amour et pour l'autre les pleurs.

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Indécence

Les yeux bandés, un bâillon mordu cent fois, une larme…aiguë…définitive…coulant sur sa joue empourprée. Pas de douleur je pense, du bonheur plutôt. 
Elle est mienne dans cette métamorphose, digne dans l’humiliation, sublime dans la dépravation. Elle reçoit mes injures comme autant de caresses. Je suis perdu dans cette ambivalence d’exigences et de liberté…Que c’est bon de se perdre lorsqu’il ne s’agit pas d’oubli.
Je baigne dans sa dévotion. 
A genoux à présent, butineuse assoiffée, elle boit dans mon désir et abreuve sa servilité. 
Elle observe, docile, son Maître concentré sur les échéances amoureuses aux termes desquelles six fois cette nuit il fouettera sa langue d’un délicat nectar. Son cul offert mille fois...mille fois outragé, marqué, dilaté, est une merveilleuse indécence.

L’indécence…est un précieux jardin ou je me plait à promener son âme, toute à moi enchaînée.
Dans ce cloître, a quatre pattes, elle s’enivre chaque jour de bouquets d’obscénité…

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Composition

http://www.youtube.com/v/kb4QTVuQKvQ&rel=1

J'écoule des heures vives sans convenances aux règles de nature.
J'y joue à tourmenter une âme captive dans un corps d'impudeur vétu.
Et naviguant sur l'onde claire d'une errance sans retour, je dessine à la pagaie le contour de ses hanches menues. Je fais d'une héroïne, l'oie gavée, par la liqueur toxique, qui infailliblement croît dans mon désir.
Si d'un si bon poison il n'est nul guérison, elle emploiera son souffle à déglutir ce sang de ma passion.

Dans cette antre dérobée ou brille un feu vivant cette clarté à l'oeil offre partout ses pièges.

...Et Quoique son regard y cherche il y verra des chaînes.

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