Mongreal's KingDOM

Le domaine de Mongreal

02 décembre 2008

La proie

Dans le bois ténébreux des forêts du domaine
Je vis en oiseau repus de la proie que j'enchaîne
Aux branches de cauchemar d'un grand chêne esseulé 
Qui fut un jour témoin de nos premiers baisers.   
Tes mains étendues baignent au lit de ton offrande.   
Plus amènes à donner qu'attacher à reprendre, 
Elle s'endorment abattues dans leurs bracelets de fer
Sans plus se pouvoir joindre pour l'ultime prière. 
Lors ton vouloir volage est toujours transporté
En l'amour d'un corbeau qui te laisse crier
Lorsqu'il te blesse à mort dans ses serres ennemies
Fort qu'en ce supplice il te redonne la vie.
...Puis au soir, j'attends l'ombre de mon grand chêne mort
Pour mourir enlacé aux délires de ton corps.

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Luxure

C'est une ardeur et une violence,
Qui peut brûler et puis s'enfuir,
Car la luxure est une errance,
Qui tant plus va, vient à mourir.
 
Elle nait au flanc de son désir
Et croît en elle et se répand,
Puis au long court s’en va périr
Au pied d’un homme dominant

Prise aux tenailles à l’en disjoindre,
Brisée au fer, pillée d’envies,
Chaque part d’elle, n’en est pas moindre
Car la luxure sublime sa vie.

C'est une rage et une errance,
Qu'il faut aimer et puis haïr,
Car la luxure est une trance,
Qui tant plus va, force à mourir.

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25 août 2008

Eglise

Suis je deux fois maudit en te passant ces fers
D'avoir rougis ton sein, d'avoir marqué ta chair 
Puis dans l'ombre fragile d'un coin de ton sommeil
A l'aube d'un jour clair provoqué cet éveil ?

En cela me voici fondant ma propre Eglise, 
Avec tes fers aux pieds et la corde ou est prise, 
Ton joug de prisonnière d'ou s'élève le refrain 
D'un psaume dans ta bouche au claquement de ma main.
Tu lis dans ce destin la parfaite harmonie
Des passions enfantées au fil de nos vies,   
Mes doigts cherchant l'accord révélé dans les sons, 
De ta voix angélique en ces saintes chansons...
...Ta voix, que la pluie sourde éteint dans son remoud   
Déchainant dans mes doigt un brutal courroux.

Détourne mon regard des cachots poussiéreux, 
Et montre lui ton ciel pour y perdre mes yeux,
Ton oreille sensible écoutant mes prières, 
Ton sourire aux éclats pour guérir ma misère, 
Ta poitrine exposée éternelle reposoir,   
Pour mes mains capricieuses en ce doux exutoire.

Que ceux qui sont aveugles aux plaies de la misère, 
Et ceux qui n'ont d'oreille aux cris de ces prières, 
Pas de coeur pour donner, mais bien pour nous ravir, 
Des mains pour nous blesser mais pas pour secourir,
Trouvent tes yeux fermés sur leur propre souffrance, 
Ton oreille assourdie au son de leurs errances, 
Ton sein couvert et clos aux pitiés, aux pardons, 
Ton âme sèche et stérile aux désirs et aux dons.
Soit ton regard ailleurs qu'en leur luxure extrême, 
Soit ton oreille close à leurs cris de blasphèmes.

Pour moi, ton sein est nu et ton désir absous, 
Ton bras est diligent à redoubler mes coups.
Pour moi, lève tes mains que mon bonheur enchaîne, 
Et brûle ta douceur aux froideurs de mes peines...

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22 août 2008

Ecoulement

En longs filets de larmes cet adorable corps
Puise dans ce qu'il fuit, ses vérités de l'âme.
Et séparé des peurs qu'il a laissé dehors,
Par ce ruissellement se libère, se damne,
Puis s'égare pour toujours aux brûlots de mes sorts.

Plus mes rouges dessins égratignent son coeur,
Son estomac noué et sa poitrine pâle,
Plus son chemin fleuri s'avive de couleurs.
La beauté de l'éveil est pareil aux tenailles
Tirant l'une sans douceur et l'autre sans douleur.

Elle, me voulant trouver, détournera son pas,
Vers l'ombre des ornières et les buissons cachés
Ou mon corps est blotti dans un obscur vivier
Comme un fauve tapis en quête de sa proie.
Ainsi dedans sa chair blessée tout en m'aimant
Qu'elle écoute la pierre résonner sous les flots,
Qui suivent dans mes pas les larmes d'un torrent,
Et qu'elle trouve caché, par le lit du ruisseau,
Un coffre ou son portrait est seul demeurant.

Ses cris sont dissipés au vent de mon bonheur,
Ses joies sont un écho aux sons de mes pensées,
Renaissant dans mes yeux ou mourant de mes pleurs,
Et les cieux d'exigences en vers elles exprimées
Vont servir mes soupirs au puits de sa douceur.

Dans ce gouffre d'amour qui voile son regard
Cette passion démente brise en tout point ses chaines.
Et ma voix caressante parcours son corps blafard
Tout en brûlant son âme au feu de cette arène...

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08 janvier 2008

Transvaluation

Promenant ta vertu sur un fil d’Ariane
Je te fais prisonnière des boucles d’une liane.
Et cherchant à voir tout ce que dessous tu caches
Certains habits découds, certains autres arrache 
 
Entends, ma douce, entends la belle nuit qui marche.

Sur toi je fais couler un peu d’or volé
Aux forges d’un démon dont les bras sont ailés,
Dont la peau est tannée, dont la queue est tressée.
Il sait en embrassant, poser les marques vives
Par lesquelles ta croupe s’empourpre et se ravive.
Il baisera ton âme, tu baiseras ses pieds.

Entends, ma belle, entends la douce nuit pleurer.

Pas moins que de l’ esprit, l’abstinence du corps
Est un savant breuvage à l’usage des morts.
Mon vœu est le Désir, ma vie est la Jouissance.
Toi dont la nature berce toute mes défaillances, 
A force d’évoluer dans ta quête servile,
Sous le fouet du bourreau, en trouvant le Plaisir,
Tu deviens le hochet de mon orgueil vile,
Et ta Douleur brisée à présent  va mourir !

…Entends, soumise, entends la froide nuit périr.

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19 décembre 2007

Courbée

Son échine courbée, l’abandonne souvent

Sur l’humide frontière du royaume des vents…

Ou j’ai bercé ses peines dans le creux de ma main

Pénétré sa conscience, abolit son chagrin.

Et laissant l’amour seul, pour l’emplir de morsures

D’un coup de mes dents folles provoqué sa cambrure.

J’ai convoité son cul, devenu gourmandise

Et asservit sa bouche au rang de friandise.

J’ai essaimé les coups fiers d’un chibre dressé

A la petite porte de la grande liberté

Son échine courbée, se déploie au levant 

Face à l’humide seuil du royaume des vents…

J’y connu la beauté au reflet d’un égout

Abusant de son corps, bannissant ses dégoûts

Et constaté dans le sale miroir de l’eau

La proximité du ciel dans le caniveau.

Toute profondeur par mon vit exploré

Perforant son armure de sainte chasteté

Et la peur et la mort, relâchant leur emprise

Y dévoilent l’empreinte aimée de mes incisives.

Son échine courbée, la délaisse au couchant 

Sur l’humide clôture du royaume des vents…

Ou mon corps et le sien transis dans la tempête

S’abandonnent aux passions de la brûlante bête

Qui demeure dans mon âme comme un monstre des mers

Et nage dans la nuit des désirs sans hiver.

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17 décembre 2007

Museailée

Veille toujours sur son enclos,
Ma Muse rêve d’un envol risqué
Brisant de sa chambre un carreau
Veille à tourner deux fois la clé
Puisque ma Muse est un oiseau

Qu’elle peut ainsi voler partout dedans le pré
Blesser son fier plumage pour un songe de fuite
Alors qu’à force d’outrages elle viendra à m’aimer
En bourreau affectueux, en pervers émérite

Veille à jamais sur son amour
Ma Muse rêve qu’un autre la touche
Et sur son vit poser la bouche
Veille en fermant à double tour
Puisque ma Muse n’est pas farouche

Elle sera le lit frêle ou mon désir amer 
Berce sa folie aux sifflements de mon fouet
Chienne aux lèvres par moi blanchies au lait 
S'endort en souriant dans sa cage légère.

Veille encore auprès de sa  porte
Ma Muse au regard qui l’emporte 
Me voit privé de ses atouts
Veille à pousser bien le verrou
Puisque ma Muse est un hibou

Dans cet anneau de cuir où luit un cercle d'or 
Son cou tendu piégé dégluti son trésor
J'ai versé ce lait blanc pour ta lèvre vermeille. 
Et par lui aspergé ton palais et ton corps
S’en vont pour la nuit noire dans un puis de merveilles.

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01 décembre 2007

Noyade

Elle est sexualité, soumission, plaisir et désir.   
Elle est ma convoitise incarnée dans ses pas de félin.   
Elle tient dans sa main le sceptre d’une reine damnée.   
Elle garde dans sa mémoire l’histoire que j'ai voulu pour elle

Elle voit dans l’invisible parure de mes fantasmes
Elle sait ce que toute autre ignore 
Elle exhale un parfum que moi seul connaît 
Elle a vécu toutes les métamorphoses… 
...
Elle attend le jour mais s'éveille la nuit
Elle connaît mes fièvres et le gout de ma sueur 
Elle inspire à mes mains de violentes caresses
Elle rougit dans mon feu et boit à ma source brulante
Elle incarne un fantasme et vit son accomplissement
Elle est l'ultime cercle de mon intimité
...
Elle court sur l'autre rive en rêvant de noyade
Son désir absolu: mon absolu plaisir.

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Evolution

J'ai emmené l'ombre idéale 
De ton corps, près du mien serré 
Dans un voyage pour les étoiles 
Ou nos regards sont des voiliers,

Où nos pensées sont leur voilure, 
Où les saisons ne sont qu'été, 
Où le vent n'est pas blessure, 
Et où par toi je suis aimé. 

Mon ingénue, ton arrogance
S’est essaimée en regards fières
Au fil ténu de tes souffrances
Ou tes paroles se firent prières,
Ou ces prières devinrent des transes
Et ou par toi je fus aimé.

Mon Innocente dans cet abyme   
J’ensemençais ta servitude
En promenant cette candeur   
Sur un navire de certitudes
Ou les morsures sont assassines
Et ou aimer se dit en pleurs.

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Toujours

Et Sans lever les yeux, 
Te voici dans le noir 
Offerte en ces lieux, 
Et toujours sans me voir… 
 
Sanctuaire polarisé 
De jouissance et de cris 
De tendre cruauté, 
Toujours à ma merci… 
 
Et les années s’enfuirent 
A jamais dans les nuits 
Et tous deux dans l’oubli, 
Nous toujours pour en jouir…

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