25 août 2008
Eglise
Suis je deux fois maudit en te passant ces fers
D'avoir rougis ton sein, d'avoir marqué ta chair
Puis dans l'ombre fragile d'un coin de ton sommeil
A l'aube d'un jour clair provoqué cet éveil ?
En cela me voici fondant ma propre Eglise,
Avec tes fers aux pieds et la corde ou est prise,
Ton joug de prisonnière d'ou s'élève le refrain
D'un psaume dans ta bouche au claquement de ma main.
Tu lis dans ce destin la parfaite harmonie
Des passions enfantées au fil de nos vies,
Mes doigts cherchant l'accord révélé dans les sons,
De ta voix angélique en ces saintes chansons...
...Ta voix, que la pluie sourde éteint dans son remoud
Déchainant dans mes doigt un brutal courroux.
Détourne mon regard des cachots poussiéreux,
Et montre lui ton ciel pour y perdre mes yeux,
Ton oreille sensible écoutant mes prières,
Ton sourire aux éclats pour guérir ma misère,
Ta poitrine exposée éternelle reposoir,
Pour mes mains capricieuses en ce doux exutoire.
Que ceux qui sont aveugles aux plaies de la misère,
Et ceux qui n'ont d'oreille aux cris de ces prières,
Pas de coeur pour donner, mais bien pour nous ravir,
Des mains pour nous blesser mais pas pour secourir,
Trouvent tes yeux fermés sur leur propre souffrance,
Ton oreille assourdie au son de leurs errances,
Ton sein couvert et clos aux pitiés, aux pardons,
Ton âme sèche et stérile aux désirs et aux dons.
Soit ton regard ailleurs qu'en leur luxure extrême,
Soit ton oreille close à leurs cris de blasphèmes.
Pour moi, ton sein est nu et ton désir absous,
Ton bras est diligent à redoubler mes coups.
Pour moi, lève tes mains que mon bonheur enchaîne,
Et brûle ta douceur aux froideurs de mes peines...
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