Mongreal's KingDOM

Le domaine de Mongreal

22 août 2008

Ecoulement

En longs filets de larmes cet adorable corps
Puise dans ce qu'il fuit, ses vérités de l'âme.
Et séparé des peurs qu'il a laissé dehors,
Par ce ruissellement se libère, se damne,
Puis s'égare pour toujours aux brûlots de mes sorts.

Plus mes rouges dessins égratignent son coeur,
Son estomac noué et sa poitrine pâle,
Plus son chemin fleuri s'avive de couleurs.
La beauté de l'éveil est pareil aux tenailles
Tirant l'une sans douceur et l'autre sans douleur.

Elle, me voulant trouver, détournera son pas,
Vers l'ombre des ornières et les buissons cachés
Ou mon corps est blotti dans un obscur vivier
Comme un fauve tapis en quête de sa proie.
Ainsi dedans sa chair blessée tout en m'aimant
Qu'elle écoute la pierre résonner sous les flots,
Qui suivent dans mes pas les larmes d'un torrent,
Et qu'elle trouve caché, par le lit du ruisseau,
Un coffre ou son portrait est seul demeurant.

Ses cris sont dissipés au vent de mon bonheur,
Ses joies sont un écho aux sons de mes pensées,
Renaissant dans mes yeux ou mourant de mes pleurs,
Et les cieux d'exigences en vers elles exprimées
Vont servir mes soupirs au puits de sa douceur.

Dans ce gouffre d'amour qui voile son regard
Cette passion démente brise en tout point ses chaines.
Et ma voix caressante parcours son corps blafard
Tout en brûlant son âme au feu de cette arène...

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