17 décembre 2007
Museailée
Veille toujours sur son enclos,
Ma Muse rêve d’un envol risqué
Brisant de sa chambre un carreau
Veille à tourner deux fois la clé
Puisque ma Muse est un oiseau
Qu’elle peut ainsi voler partout dedans le pré
Blesser son fier plumage pour un songe de fuite
Alors qu’à force d’outrages elle viendra à m’aimer
En bourreau affectueux, en pervers émérite
Veille à jamais sur son amour
Ma Muse rêve qu’un autre la touche
Et sur son vit poser la bouche
Veille en fermant à double tour
Puisque ma Muse n’est pas farouche
Elle sera le lit frêle ou mon désir amer
Berce sa folie aux sifflements de mon fouet
Chienne aux lèvres par moi blanchies au lait
S'endort en souriant dans sa cage légère.
Veille encore auprès de sa porte
Ma Muse au regard qui l’emporte
Me voit privé de ses atouts
Veille à pousser bien le verrou
Puisque ma Muse est un hibou
Dans cet anneau de cuir où luit un cercle d'or
Son cou tendu piégé dégluti son trésor
J'ai versé ce lait blanc pour ta lèvre vermeille.
Et par lui aspergé ton palais et ton corps
S’en vont pour la nuit noire dans un puis de merveilles.
Commentaires
De tout ceux que j'ai lu.. c'est définitivement mon préféré. Vous écrivez à merveille ! Magnifique poème..
Superbe.
Quel plaisir de te lire.
Quelle flamme, quelle douceur, quelle force, quelle poésie...
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