Nevers
Nevers, Mai 2001
Vers 19 ans je connu une histoire amoureuse libre qui me permis d’explorer sans contraintes les différentes aires de ma libido, confirmant par là même mes orientations pour la domination. La curiosité frénétique qui m’animait alors me fit tisser rapidement des liens et faire beaucoup de belles rencontres dans les années suivantes. Je dois beaucoup de ces récits à commencé par ce dernier à cette première relation.
Ange avait 32 ans lorsque je l’ai vu la première fois. Nous
avions échangé plusieurs mois sur internet avant de nous retrouver à
une terrasse de café parisienne.
J’avais dix ans de moins. Elle représentait un graal convoité à
mes yeux par son expertise et son imprégnation dans ce « milieu ». Son
humilité naturelle l’en faisait se défendre, mais je lui répétais
souvent mon admiration pour ce qu’elle avait su vivre et découvrir
d’elle-même par ce biais.
Assez vite la conversation s’était établie autour des anecdotes de
sa vie de soumise auprès des différents Maîtres qu’elle avait connu. Je
lui parlais à mon tour de mes quelques bons souvenirs et j’évoquais
notamment trois soirées auxquelles j’avais été convié l’année
précédente. Nous étions bien loin alors des décors somptueux d’histoire
d’O. Deux d’entre elles s’étaient tenues dans de petits appartements
privés à Nantes et la dernière dans une ferme à l’abandon du coté de
Bourges.
Elle sourit à cette évocation en me disant que nous avions peut
être des connaissances communes car elle vivait actuellement une
relation avec un homme de cette région.
Avant de nous séparer au terme de quatre heures de conversation
elle me proposa de soumettre ma candidature à celui-ci pour leur
prochaine soirée.
Trois jours après je reçus par mail une invitation très officielle de sa part.
« Monsieur,
Ange m’a parlé de vous en terme élogieux et m’a informé de votre intérêt pour nos activités particulières.
Seriez-vous disponible pour la soirée du 7 mai ?
J’organise ce jour un petit évènement qui saurait, je pense, vous intéresser. »
Je répondis dans les 5 minutes en pesant chacun de mes mots.
Une vingtaine de jours plus tard et 3 mails plus loin...
7 mai 2001, 19h30 aux abords de Nevers.
Il fait encore jour lorsque j'arrive devant le pont de Nevers.
C'est un image qui reste très présente dans ma mémoire. Cette ville
ressemble à une enchevêtrement de maisons de poupées lorsqu'on
l'observe ainsi. Les plans de façades se succèdent en remontant la
colline, offrant une perspective caractéristique des villes médiévales.
Les rues pavées étroites qui arpentes la vieille ville s'élargissent
aux abords de l'église en dégageant ainsi l'édifice du reste des
constructions qui l'entour, si bien qu'elle reste l'élément de
focalisation principal pour l'oeil. Le lieu de rendez-vous se situe
dans les hauteurs de la ville. Il faut emprunter une ruelle escarpée, y
laisser la voiture, puis remonter une sente sur quelques dizaines de
mètres. La maison se trouve au bout d'une petite impasse.
Le portail en fer forgé donne accès à la vu d'un jardin
impeccablement entretenu, composé de plans de gazons, de bosquets
taillés et d'une grande allée en gravier. Celle-ci s'évase autour d'une
fontaine placée devant les marches d'accès à l'entrée de la demeure.
Je sonne. En attendant qu'on réponde à mon appel, je me retourne
pour admirer le magnifique perspective que l'on a ici sur la ville et
l'église.
L'interphone laisse bientôt entendre la voix d'Ange qui, après m'avoir salué, déclenche l'ouverture du portail.
Je
remonte l'allée et prends progressivement la mesure de la taille de la
maison. La façade 19 ème qui monte sur trois étages est coiffée d'une
toiture en ardoise.
En avançant je remarque deux dépendances en longère à droite du bâtiment principal.
Lorsque j'atteins les marches, la porte d'entrée s'ouvre sur Ange arborant une robe corseté noire et bleue du plus bel effet.
Elle m'informe que je suis le premier invité et que cela nous donne
tout le loisir de visiter la maison. Le hall d'entrée est
impressionnant. Une mosaïque marbrée blanche se déploie au sol depuis
le centre jusqu'aux murs de la pièce circulaire.
Un escalier de pierre en colimaçon dessert les deux principaux
niveaux en mezzanine. Un balcon circulaire, recouvert de velours rouge,
court le long des murs à chaque pallier et permet d'accéder aux
différentes pièces des étages.
Au rez-de-chaussée le hall donne à droite sur un très grand salon
à baie vitrée, à gauche sur une cuisine équipée notamment d’un superbe
four à bois en pierre.
Nous montons au deuxième étage et Ange m'invite à déposer mes
affaires dans la chambre qu'elle me propose d'occuper pour la nuit. La
pièce ou le grand lit semble un îlot minuscule me paraît démesurée. Les
trois fenêtres donnent sur l'allée, le portail, la ville...Magnifique.
Elle semble excitée à l'idée de me montrer les combles et les
caves et me presse de la suivre dans l'escalier d'accès au dernier
étage dissimulé dans une chambre de garde.
Dans le grenier aux larmes grinçantes différents instruments
gisent sur le sol. Des croix, des jougs, des carcans, des barres de
contraintes, des éléments de suspensions, des chaînes, une cage et bien
d'autres dispositifs dont je ne connais pas le nom.
Sur une surface immense on compte a peu près tout ce qu'on a
inventé en terme de matériel SM. Ange m'explique que J., son Maître,
qui est aussi propriétaire de la maison, à consacré beaucoup de temps à
équiper cette pièce. Le résultat est réellement impressionnant.
Me tirant de mes contemplations, elle m'entraîne dans les
escaliers et retrouvant le rez-de-chaussée, pousse la porte de la cave.
Elle me promet une surprise et le premier
regard que je pose sur
le sous-sol ne la fait pas mentir. Elle s'amuse à me voir réagir. Je
suppose ne pas être le premier à qui elle sert de guide pour cette
visite.
Le premier niveau est constitué d'un long couloir au plafond voûté et aux pierres apparentes.
Quatre cellules sont réparties sur ses flancs, toutes fermées par
de lourdes portes en fer à barreaux. Dans chacune d'elles, une ampoule
nue éclaire uniformément l'espace réduit. Au plafond et au sol
plusieurs anneaux sont disposés au centre et au pourtour de la pièce.
Elle m'explique que ces cellules servent parfois de couchage aux soumises des couples
accueillis dans la demeure.
Elle m'emmène au bout du couloir ou nous abordons un second
escalier plus étroit, qui semble s'enfoncer dans les entrailles de la
terre. Nous arrivons au second niveau qui donne sur une grande pièce
hexagonale. Au fond, une tribune surmontée d'un pupitre s'élève sur
trois rangs. Sur deux angles adjacents, une quinzaine d'anneaux sont
scellés dans le mur, alors qu'au centre de la salle deux anneaux sont
fixés au sol et au plafond. Ange m'indique que J. appelle ce lieu « le
cirque de dressage ».
Nous sommes interrompus dans notre exploration par la sonnerie de
l'interphone qui retenti dans la cave. Ange passe devant moi et nous
rejoignons rapidement la surface. Elle me dit en souriant que la
personne qui sonne à la porte devrait m'intéresser. J'entends une voix
de femme répondre à Ange dans le haut parleur. En déclenchant
l'ouverture du portail elle reprend ses éloges pour la mystérieuse
inconnue qui s'apprête à entrer dans la maison. F., me dit elle, est
une jeune fille des plus agréable, amante de leur couple depuis environ
deux ans.
Elles porte toujours aux occasions de leurs soirées des vêtements
griffés à son nom d'esclave et réalisés par une amie couturière. Sur
ces mots « Mirzile » pousse spontanément la porte d'entrée et m'adresse
un « bonjour Monsieur » en inclinant respectueusement la tête tout en
amorçant une légère révérence.
C'est la première fois qu'une femme s'adresse à moi de cette
manière à l'occasion d'une première rencontre... Ange embrasse Mirzile,
me présente, et nous invite tous les deux à la suivre dans le salon.
Nous entamons une longue discussion qui me permet d'apprendre qu'Ange à
transmit mes textes à son invitée et lui a déjà largement parlé de nos
échanges.
Mirzile.
C'est une fille sublime, troublante tant elle exhale de docilité et
d'intelligence. Je me voudrais absolument serein face à elle mais la
réalité de mes émotions doit lui être perceptible. Elle m'interroge
longtemps sur mes orientations, mon parcours dans cet univers, mes
compositions, mes activités. Je la sens éludé en retour les questions
que j’adresse en écho aux siennes. Je n’apprendrais rien sur elle au
cours de cette première discussion. Elle est cependant curieuse de
beaucoup de choses et j'aime la voir rebondir sur mes propos. Ange nous
laisse bien vite à notre conversation pour s'occuper des derniers
préparatifs. Je demande à Mirzile comment s'établie pour elle la
confiance nécessaire à l'abandon qu'impose ce type de rapport dans une
soirée comme celle-ci puisque potentiellement beaucoup des convives lui
sont inconnus. Elle me répond qu'elle est toujours accompagnée de
personnes suffisamment fiables dans son regard pour leur déléguer
totalement cette confiance.
La porte d'entrée s'ouvre à nouveau sur quatre invités accompagnés de J..
Ange fait les présentations et J. après m'avoir chaleureusement
salué présente sa main à Mirzile qui la baise avec dévotion. Les deux
couples dans la trentaine se joignent à notre discussion. Six autres
personnes font leur entrée au cours de la demi heure qui suit. Quatre
des soumises arborent déjà leur collier et restent à genoux au milieu
de l'assistance en grande conversation. Ange sert les convives en
respectant un protocole étudié, les hommes d'abord et parmi eux l'hôte
en dernier, puis viennent les femmes qui participent à la
conversation. Elle revient ensuite vers les Maîtres des soumises à
genoux pour leur demander ce quelle doit leur proposer. L'un d'eux lui
demande de verser un peu de lait dans un bol puis de le déposer devant
elle à même le sol. Bien vite sa soumise entreprend de laper docilement
le contenu du récipient. La deuxième reçoit un simple verre d'eau puis
est exposée nue devant l'assistance. Les deux autres sont directement
emmenées au premier niveau de la cave par Ange qui a pour consigne de
servir boisson et repas dans leur cellule respective.
Vient l'heure du diner. Les convives sont invités à prendre place
à table. Toutes les femmes exceptées les deux premières enfermées à la
cave participent au service sous les ordres d’Ange qui joue
parfaitement son rôle de chef d’orchestre. La soumise précédemment
exhibée reste entièrement nue au cours du repas. Elle fait l’objet de
nombreux commentaires et attouchements encouragés par son
accompagnateurs chaque fois qu’elle passe à proximité de la table.
Lorsque les plats sont disposés, les deux soumises à collier
s’agenouillent à proximité de leur Maître tant dis que les quatre
restantes dont Ange et Mirzile viennent nous rejoindre et participent
au débats en cours.
Toutes ces dispositions créent une ambiance particulière, une
sorte de hiérarchisation à laquelle je n’avais encore jamais été
confronté. Tout se passe comme si les protocoles de la maison
s’adaptaient aux règles de chaque couple présent. Pour autant cela ne
donne pas une impression d’hétérogénéité trop forte. Le groupe semble
au contraire très harmonieux et il règne une douce sérénité dans
l’assemblée.
Vers 23h J. demande aux hommes de préparer leur compagne à leur
installation au sous-sol. Dans un même élan le groupe se disperse un
instant puis se reforme dans le hall ou chaque femme arbore à présent
un collier orné d’une boucle métallique. J., tout en passant son
collier à Mirzile, ordonne à Ange d’emmener les femmes au sous sol et
de les y disposer tel que préalablement défini.
Dans ce délais, les hommes reprennent leur discussion dans le
salon. La tension est cette fois clairement palpable. Comme tous, je
suis impatient, curieux, mais certainement aussi stressé dans l’attente
de découvrir l’organisation prévue par notre hôte.
Une dizaine de minutes s’écoulent avant que la porte donnant sur
l’escalier de la cave s’ouvre à nouveau sur Ange. Elle nous informe que
tout est à présent en ordre et nous enjoint à la suivre. J. ferme la
marche de notre petite troupe qui dévale les marches en colimaçon. Nous
arrivons au premier niveau. Le couloir et de la voute en pierre sont à
présent éclairés par des torches fixées aux murs. Dans chaque cellule
l’ampoule nue projette son faisceau blafard et uniforme sur les murs.
Les deux soumises préalablement conduites au sous sol sont attachées
par des chaines au fond de deux cellules en vis-à-vis de part et
d’autre du couloir. L’accompagnateur d’une des deux, propose de
s’occuper d’elle en présence de notre groupe afin que chacun puisse
jouir du spectacle.
Nous nous disposons autour de la cellule
tandis qu’il entre et dépose un petit sac noir sur le sol. Un homme
derrière moi me demande de me déplacer de quelques pas sur le coté afin
que sa soumise enchainée dans la cellule d’en face puisse observer elle
aussi le sort réservée à sa consoeur.
L’homme au sac noir en retire deux fouets d’environ 1m50, l’un est
un bull whip, l’autre ressemble à un chat à neuf queux dont les
extrémités auraient été prolongées par de petites membranes articulées.
J’apprendrais ensuite que ce dispositif, de réalisation artisanale,
visent à augmenter les sensations de brûlures tout en diminuant les
risques de blessure profonde. La femme est partiellement étendue sur le
sol contre le mur. Elle est attachée par la boucle de son collier et
par deux bracelets de cuirs eux même liés à l anneau du mur. Ce
dispositif lui autorise une certaine liberté de mouvement, tout en la
contraignant à demeurer, au mieux, agenouillée au fond de la pièce.
Sous l’ordre de son Maître elle présente sa croupe à l’assemblée et
reçoit une dizaine de coups de chaque fouet. Chaque claquement
s’accompagne d’un miaulement de plus en plus aigu au point que les
derniers s’étranglent dans un sanglot.
Les marques très nettes laissées par les fouets virent rapidement
au pourpre. L’alternance des coups se répercute sans faille sur la
forme des longues griffures qui s’impriment dans les chaires de sa
victime. Là ou le bullwhip laisse une profonde trainée de plusieurs
dizaines de centimètres, son acollyte fait apparaitre de fines
signatures relevées en leur extrémité d’une plus vive morsure
correspondant aux membranes articulées.
L’homme finit son œuvre à l’aide d’un paddle clouté qu’il abat sur
la croupe de sa soumise avec une régularité d’horloge durant plusieurs
minutes.
L’intensité de la scène est encore rehaussée par le nombre des
regards posés sur le corps meurtri de la suppliciée. L’homme rejoint
finalement le groupe à l’extérieur de la cellule en prenant soin
d’éteindre la lampe qui l’éclairait.
Il s’approche du Maître de l’esclave de la seconde cellule et lui
demande de l’autoriser à s’occuper d’elle de manière analogue, ce qui
lui est immédiatement accordé. Il me parait alors évident que cette
mise en scène est prémédité. Donner le spectacle du traitement de la
première suppliciée à sa future victime vise à augmenter la pression
psychologique exercée sur cette dernière.
J. propose de différer cette deuxième séance et nous fait signe de le suivre au second niveau du sous sol.
Les autres soumises entièrement nues y sont regroupées dans un
angle, attachée chacune par la boucle de leur collier à un anneau du
mur.
J. nous installe dans la tribune située au fond de l’unique pièce
hexagonale qui constitue cet étage. D’un geste il fait signe à Ange de
se placer au centre de la salle, juste à l’aplomb des anneaux fixés au
sol et au plafond. Il passe des bracelets de cuir à ses poignets et la
suspend par les bras de tel manière qu’elle reste sur les pointes de
pieds puis il déboutonne le bas de sa robe qui tombe bientôt sur ses
chevilles. Le corset et la ceinture de cuir restés en place marquent un
peu plus encore sa jolie silhouette. Comme toute, son sexe est
parfaitement épilé. Ses grandes lèvres sont par ailleurs ornées de deux
anneaux dorés.
J. empoigne un rondin de bois d’environ un mètre de long et le
place sous les genoux d’Ange puis à l’aide de cet instrument lui fait
remonter les jambes au niveau de la poitrine et la force à maintenir
cette position en solidarisant ses jambes, le rondin et son cou par
l’intermédiaire d’une corde. Dans cette position fœtale, suspendue par
les poignets, elle se trouve complètement à la merci de son bourreau.
J. agit avec beaucoup de précision et une grande assurance. Il saisit
une poignée de cheveux de sa victime pour rejeter sa tête en arrière et
noue une fine cordelette à une mèche qu’il lie ensuite à sa ceinture
afin qu’elle ne puisse plus redresser la tête. Il prend un peu de
recule pour contempler l’œuvre dans son ensemble et rejoint le pupitre
de la tribune pour en extraire une badine et un martinet. Il s’approche
et explique à voix haute le principe de cette correction en s’exécutant
au fur et à mesure.
Il va tout d’abord initier un lent mouvement
de rotation du corps offert de telle manière que l’assemblée puisse
jouir de toutes les facettes du spectacle. Alternativement nous verrons
les effets de son traitement sur ses chairs puis nous lirons les
émotions produites sur son visage rejeté en arrière. Il précise que la
badine lui servira à marquer son dos et son cul tandis que le martinet
sera destiné à sa fente parfaitement exposée dans cette position.
Le mouvement de rotation commence, il s’accompagne d’une légère
oscillation et des claquements caractéristiques de la badine. Les coups
sont très secs et rapprochés. Il cherche à dessiner les tries les plus
serrées possible en se concentrant dans un premier temps sur la croupe.
Puis il remonte vers le bas du dos lorsqu’il lui est exhibé et le long
des cuisses lorsqu’elles se présentent à lui. Après quelques tours, il
se met à alterner badine et martinet à un rythme effréné. Le martinet
s’abat avec précision sur les lèvres de son sexe qui enflent rapidement
en se parant une teinte rouge vif. Le visage d’Ange semblent lui-même
porter les stigmates de ce traitement. Chaque morsure sur son cul, sur
sa fente, sur ses cuisses et son dos empourpre doublement ses joues. Au
bout de quelques minutes des larmes commencent à ruisseler sur ses
tempes et de longs râles s’échappent de sa gorge.
Je ne sais combien de fois le visage d’Ange est passé devant moi
lorsque J. arrête son évolution mais le temps me semble alors suspendu.
Je reprends mes esprits lorsqu’il nous propose de prendre le relais et
de jouer à notre convenance avec Ange. Deux hommes se lèvent et
entreprennent de poursuivre l’œuvre entamée. Elle reçoit simultanément
la badine et le martinet pendant plusieurs minutes avant que l’un d’eux
ne déclare qu’il est temps de profiter d’elle d’autres manières. Le
second va alors cherché sa soumise dans l’angle ou elles sont
regroupées. Blonde, yeux bleues, un visage et un corps fin, une belle
poitrine…Il s’agit de mon point de vue avec Mirzile de la plus belle
femme présente. Il l’entraine à quatre pattes au centre de la pièce et
la présente à tous comme « le réceptacle à foutre » de la soirée. Il
l’a fait s’agenouiller mains jointes en offrande, bouche ouverte,
langue pendante et lui chuchote quelques recommandations à l’oreille.
Il l’embrasse et se tourne vers Ange. Le premier homme est déjà en
elle, profitant de la parfaite accessibilité de sa fente dans la
position qui est alors la sienne. Le second se positionne ainsi
derrière elle et s’introduit dans son plus petit orifice sans douceur.
Ange semble tout a fait satisfaite de ce traitement et manifeste
rapidement des signes de plaisir. Elle jouit violemment en crispant les
poings sur les cordes qui lient ses bracelets au plafond. Les deux
hommes se vident ensuite tour à tour dans la bouche de la soumise
agenouillée devant eux. Les hommes restant de la tribune se dirigent
vers les soumises encore attachées au mur. J. m’incite à rejoindre
Mirzile. « Je te la confie » me dit il. Je m’approche, elle me sourit,
je suis alors persuadé qu’elle savait bien avant la soirée qu’elle me
serait destinée de la sorte. L’entrainant par la boucle de sa laisse à
l’écart du petit groupe, je prends tour à tour possession de sa bouche,
de son cul de sa fente avec une rage qui me surprend moi-même.
J’aime
la folie qui habite l’instant du pas franchit sur la volonté de se
maitriser, de maitriser l’autre, de contrôler une action dont une part
échappe par essence à toute tentative de contrôle. La précipitation des
gestes, leur précision, l’infaillible focalisation sur l’objet d’un
désir qui se résout un peu plus dans chaque seconde écoulée de ces
scènes. Le vertige du geste lâché, débridé, et l’ambivalence d’un
mouvement de la main actionnée pour partie par la bêtes aux violente
pulsions et, pour une autre, par la machine à penser, elle si
cartésienne, mesurée et sage.
Ces actions qui hurlent plus fort que la voix toute la faculté d’un homme à désirer…
Bien vite les couples se font, se défont, se transforment, s’échangent…
Je suis surpris de la réceptivité de Mirzile à tout ce que chacun
de ces amants d’un soir lui impose. Elle semble absolument ouverte,
curieuse, libérée, heureuse…elle m’inspire cette idée que l’abandon ici
n’est pas synonyme de perdition mais bien une ultime ouverture à
l’autre.
Deux autres femmes sont placées tour à tour au centre de la pièce
pour subir nos outrages. La première est livrée par son Maître à tous
les autres hommes pour l’usage de leurs instruments de flagellation. Il
souhaite conserver un souvenir de chaque participant par le biais des
marques portées par sa soumise. La seconde est ensuite suspendue à
l’anneau centrale. J. ordonne à Ange de réaliser sur elle les sévices
que les hommes souhaitent lui faire subir. Ange semble rompue à cette
pratique.
Elle écoute avec attention la requête formulée puis interroge
abondamment l’émetteur de la demande pour s’assurer qu’elle sache
interpréter sa partition dans les moindre détails. Elle s’exécute
ensuite en respectant scrupuleusement les directives formulées. Je suis
alors persuadé qu’elle prend elle-même beaucoup de plaisir à mal
traiter sa proie. Mirzile reste désormais auprès de moi et ne perd rien
du spectacle offert.
Lorsque cette scène s’achève, la femme suspendue à l’anneau est
griffée d’innombrables marques. Ange entreprend de la réconforter en
léchant abondamment les chaires endolories puis oriente ses baisers
vers la fente déjà humide de sa consœur. Ses caresses obtiennent
rapidement le résultat attendues et de longs râles de plaisir se
mettent à raisonner dans la pièce entière.
J. Propose enfin de remonter pour assister au traitement infliger
à la soumise de la deuxième cellule du premier niveau de sous sol. Nous
quittons ainsi la salle hexagonale en laissant toutefois derrière nous
la jouisseuse liée à l’anneau centrale, seule, dans le noir.
Lorsque j’arrive dans le couloir du premier niveau, l’homme au sac
noir a déjà reprit son office. Avec une minutie obsessionnelle, il
réplique trait pour trait le traitement infligé à sa première victime.
Je n’ai pas compté le nombre de coup ni mesuré la durée de cette
seconde scène, mais je la crois extrêmement fidèle à la première. A ma
surprise, il termine son travail en pissant sur son œuvre. J’apprendrai
de Mirzile quelques semaines plus tard que les deux couples dont les
soumises étaient en cellule ce soir là se connaissent depuis très
longtemps et pratiquent ensemble un échangisme au long cours.
La soirée s’achève dans le salon ou notre hôte nous sert un verre
de champagne avant que les premiers couples ne quittent la demeure.
Je repartis le lendemain soir après avoir passer la journée
suivante à converser avec Mirzile, Ange, J. et le dernier couple
restant dans un contexte totalement différent. Cette journée me paru
tellement « normale » que j’eu du mal à la corréler à la soirée
précédente.
Le temps suivant fut celui de Mirzile…
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Serrabone
Vallée du Conflent, Languedoc Roussillon, Novembre 2001
J’avais pris la route nationale qui mène à Ille sur Têt depuis
Perpignan. Il était 23h passé et je savais que nous arriverions en
retard au rendez vous que nous avait fixé notre hôte.
Celle qui m’accompagnait, portait un corset noir griffé en lettre rouge au niveau de sa hanche droite « Mirzile »,
un nom d’esclave qu’elle avait elle-même choisi de porter bien avant
notre rencontre. Une jupe noire, des bas, une paire d’escarpins et mon
collier l’habillaient par ailleurs. Elle avait seulement 23 ans à cette
époque et déjà pourtant une impressionnante expérience des relations
D/s et des pratiques SM. Nous nous étions trouvés quelques mois
auparavant au cours d’une soirée privée à Nevers organisée par une amie
commune et son Maître. Elle ne vivait pas de relation exclusive mais
partageait ponctuellement l’intimité du couple depuis deux ans. C’était
une fille magnifique parée d’une sensualité à laquelle j'étais très
sensible…J’en souris encore. En plus d’un an de rencontres régulières,
je n’ai jamais su dans quel domaine elle travaillait mais je
l’imaginais icône d’un grand couturier ou mannequin d’une marque de
lingerie…
Je repensais à cette rencontre dans la voiture et au respect que
je portais pour sa capacité à vivre ses orientations avec autant de
sérénité, d’intensité et d’assurance.
Nous avions dépassé Ille, puis bifurqué en arrivant à Bouleternère
pour nous enfoncer dans les gorges de Boulès. La Lune était déjà haute
et la nuit très claire. Sous cette lumière le paysage était digne d’un
film de Tim Burton.
Il était convenu de nous stationner à plusieurs centaines de
mètres légèrement en contre bas du prieuré ou nous étions attendus. Le
rendez vous était fixé à 23h30 et les instructions étaient précises :
- Surtout ne pas aller jusqu’au site en voiture
- Prévoir une lampe torche pour accéder au prieuré depuis le lieu de stationnement désigné
- N'oubliez pas vos instruments mais faites en sorte de les dissimuler dans un sac avant votre entrée dans le prieuré
- Aucune lumière extérieure ne sera allumée, n’oubliez donc pas le
plan pour trouver la porte déverrouillée qui se trouve derrière
l’entrée principale
- Mesdames, l’accès en chaussures à talons depuis le lieu de stationnement ne pose pas de problème particulier.
- Il est expressément demandé à tous de rester discret lors de l’accès au prieuré…
23h50 Nous arrivons sur le sentier escarpé qui file le long
des murs de l’édifice depuis l’entrée principale. Rien ne permet
d’imaginer de là une quelconque activité à l’intérieur. La clarté de la
nuit aurait amplement permis d’en envisager l’accès sans lampe.
Nous n’avions croisé personne sur le chemin et cela rendait le périple presqu’irréel…
Je presse la poignée de la lourde porte qui fait entendre son grincement associé au bruit métallique du mécanisme d’ouverture.
A l’entrée, une jolie femme d’une quarantaine d’années vêtue d’une
simple tunique blanche nous accueille. Elle porte un collier de cuir
très large ou l’on peut deviner une inscription en lettres gothiques
que la pénombre rend impossible à déchiffrer. Il fait en fait bien plus
sombre dans cette partie du prieuré qu’il ne faisait à l’extérieur.
Nous échangeons quelques mots. Elle nous confirme que 4 couples
sont déjà arrivés tout en nous assurant que nous ne sommes pas les
derniers. Il semble que l’organisateur est volontairement indiqué à
chacun une heure différente pour éviter une arrivée massive…et voyante.
Elle nous indique la direction à prendre.
Mirzile, qui jusque là se tenait collée à moi prend à présent des
attitudes beaucoup plus explicites en demeurant quelques pas en arrière
et légèrement sur ma droite. Son port de tête à changer comme
l’expression de son regard, tout en elle exprime de la dévotion et de
la docilité. J’ai toujours apprécié le soin qu’elle apportait
spontanément à ces détails…
Nous traversons une petite salle sombre puis un couloir
éclairé indirectement par les lumières de la salle située à son
extrémité…L’ambiance est vraiment ahurissante.
Quand nous l’atteignons, nous retrouvons les invités.
La pièce est composée d’une tribune romane ornée de piliers
sculptés ou sont représentés griffons et lions ailés de
l’apocalypse…Juste pour la vision de ce décor mis en lumière par les
lampes de présentation du lieu (ce prieuré est d’abord un lieu
touristique) et les bougies disposées autour des colonnes je me
souviendrai toujours de cette soirée.
Les couples sont assez disparates en âge, d’environ 20-25 ans pour
les deux plus jeunes femmes déjà présentes à 50 ans environ pour le
plus vieux de ces messieurs.
Je trouve toutes les femmes à mon gout, même si ma préférence est acquise à Mirzile.
Moi-même, en dehors de notre hôte, je ne connais personne alors
qu’elle semble proche d’un couple dont elle salut l’homme avec le plus
grand respect après avoir affectueusement embrassée la femme. Elle
revient ensuite se placer derrière moi et l’hôte fait les
présentations.
Un verre de champagne et une collation sont servis sur une table située derrière la tribune, au milieu d’une nef romane sublime.
Après quelques minutes de discussion et l’arrivée des deux couples
manquants, notre hôte nous propose d’exposer aux hommes les
réjouissances qu’il a programmées pour la soirée.
Je demande à Mirzille de s’approcher de moi et j’attache une
laisse à son collier, puis l’entrainant derrière moi je la fait
s’installer à genoux sur des coussins alignés au fond de la nef au coté
des autres soumises.
Toutes baissent la tête en respectant le plus parfait silence.
L'intégralité des dispositifs sont installés dans deux salles
du prieuré connexe à la chapelle. L'hôte explique que ce sont les deux
seuls salles qui autorisent un éclairage satisfaisant sans rendre
l'activité visible de l'extérieur.
Il est venu un peu plus tôt dans la soirée pour assembler une
croix de saint André. Différentes chaines et des anneaux de contraintes
sont fixés à des colonnes en bois scellées. Deux carcans face à face
sont présentés un peu plus loin de telle manière que celles qui y
seront prises auront leur visage à seulement quelques centimètres l'un
de l'autre.
Tout le monde salut le décor et l'ambiance...Il nous
explique qu'initialement il avait prévu de fixer des chaînes à
certaines colonnes de la tribune mais qu'il avait renoncé craignant
d'endommager les surfaces. Nous confirmons tous sur cette idée. Une
complicité commence à naître entre nous, je crois que la tension liée à
la plongée dans ce monde médiévale augmenté par l'arrière pensée que
nous sommes ici en parfaite illégalité tombe un peu.
Nous revenons vers la nef ou les femmes sont restées agenouillées.
Chacun de nous récupère les instruments amenées. Des bullwhip, des cravaches, des badines, une chambrière...
Les soumises sont ensuite présentées à tour de rôle par leur Maître
respectif devant l'assemblée. Je demande à Mirzile de s'installer au
milieu de la pièce et prendre différentes poses. J'insiste sur sa
grande endurance à la flagellation, puis je propose aux autres hommes
de l'interroger sur ses pratiques, son expérience, sa condition
d'esclave...
Je suis très satisfait des réponses qu'elle apporte et je ne suis
pas surpris que les convives présents ont tous une très bonne
connaissance des rites et pratiques BDSM. Je sens à leur manière de la
questionner que Mirzile leur plait.
La plupart des femmes sont manifestement expérimentées à
l'exception d'une des soumises les plus jeune qui est présentée comme
novice. La tension est très palpable chez elle lorsqu'elle est
présentée par son Maître et tous ont la délicatesse de ne pas aller
trop loin dans les premières exigences et questions posées pour elle.
L'hôte termine la présentation en introduisant la femme qui nous
avait accueilli à notre arrivée. Il parait très dur avec elle et
cherche clairement à la pousser à la faute. Je comprends rapidement
qu'il veut par là justifier une punition.
C'est un aspect qui ne
correspond pas à mes pratiques dans la mesure ou les pratiques sm que
j'impose ne sont que très rarement liées à des punitions, mais à ce
niveau il est généralement de bon ton de s'accorder au mode de
fonctionnement de l'hôte.
Je participe donc volontiers à cet interrogatoire. Mirzile, lève
légèrement la tête pour croiser mon regard, puis baisse à nouveau les
yeux en souriant. Elle sait que cet exercice est une composition pour
moi et le fait de partager cette pensée avec elle m'amuse.
La soumise qui subit l'interrogatoire finit par lâcher prise et
commet plusieurs erreurs aux yeux de son Maître. Elle lui demande
d'aller chercher sur la grande table l'instrument qui lui paraît le
plus adapté pour expier sa faute. Elle revient ver lui, tête baissée,
avec un très beau et très long fouet puis s'installe docilement a
genoux, croupe tournée ver l'assemblée et le buste posé sur un socle en
bois. Je ne sais pas exactement combien de claquements retentissent
alors mais cela m'a parut beaucoup. La dextérité du bourreau autant
que la maitrise de sa soumise devant un fouet si long est
impressionnante. Les marques se font de plus en plus vives et
profondes. Plusieurs virent rapidement au violet et quelques gouttes de
sang perlent sur cette peau tuméfiée, mais pour autant elle ne fait
entendre que de léger gémissement étouffés et surtout elle tient sa
position à la perfection.
Lorsque notre hôte décide d'en finir, un deuxième homme lui
propose que sa soumise vienne s'occuper de sa victime. Manifestement
habituée à ce type de demande la jeune femme quitte son coussin et
s'approche à quatre pattes de la châtiée pour entreprendre de lui
caresser et de lui lécher le cul puis pose sa langue sur sa fente
offerte et s'active ainsi pendant quelques instants. Elle termine son
office en léchant le visage empourprée de son amante.
L'hôte manifestement excité par la scène, s'adresse à son Maître
pour lui demander la possibilité de jouir d'elle à son tour.
L'autorisation lui est immédiatement accordée et saisissant fermement
les cheveux de sa proie il lui prend la bouche de toute la longueur de
son membre. Là encore je sens une grande maîtrise dans la réaction de
sa partenaire qui le reçoit avec une avidité manifeste tout en gardant
une posture et une attitude sans défaut.
Les soumises a l'exception de la novice sont ainsi utilisées tour
à tour par chacun de nous. Je passe d'une bouche à l'autre, puis d'un
cul à l'autre avec bonheur tout en prenant soin de me vider dans la
bouche de Mirzile qui me témoigne sa gratitude avec la plus grande
humilité.
Elle sont ensuite placées une à une dans les différents
dispositifs de contraintes puis flagellées à l'aide de tous les
instruments disponibles passant de mains en mains...
Les autres soumises ont tout le loisir d'observer leur consoeur avant d'être marquées elles même.
Chaque
Maître se concentre ensuite sur son esclave personnelle. L'homme à la
chambrière se lance ainsi dans un exercice de dressage très particulier
pendant qu'un second se met à gifler très sèchement sa soumise. Il y a
chez ce dernier couple une connivence remarquable qui passe par les
regards échangés et les gestes de la femme en écho aux coups de son
dominant.
La novice, jusque la spectatrice, est enfin placée dans un carcan
face à une autre soumise. Elle reçoit un coup de cravache lorsque sa
soeur d'infortune reçoit un coup de fouet. Elle semble très bien vivre
cette première expérience. A chaque nouveau coup, son Maître approche
de son visage et lui demande si tout va bien, puis reprend son labeur.
Dans cette position, elles peuvent très précisément lire les
rictus de douleur de leur vis à vis. La soumise fouettée ne tarde pas à
laisser échapper des larmes, mais l'exercice s'arrête avant qu'elle ne
soit rejoint par la novice. Toutes deux sont enfin prises par leur
Maître respectif. L'hôte propose à cette occasion que l'on rapproche
encore les carcans pour faire en sorte qu'elles puissent s'embrasser et
se lécher. L'image que je garde de cette dernière scène est remplie
d'une grande douceur. Même la hargne des hommes s'activant derrière
elles n'en modifia pas la saveur.
Ainsi apaisés de nos tensions, la fin de la soirée fut bien plus calme.
Mirzile et moi partîmes vers 3h du matin et je la ramenais à la gare le jour même.
Je me souviens avoir longuement évoqué cette aventure avec elle
pendant et après notre relation. Nous en gardons tous deux un souvenir
très fort.

Par les peuples immenses
Mon message est un chant aux arpèges mineurs
Qui voyage dans l'air, au vent des voies de choeurs,
Par les peuples immenses en leur plus beau cantique
Et arpente le monde au son de ces musiques.
Que furent et ma vertu, et ma propre beauté ?
L'une est portée absente et l'autre aux oubliettes.
Lors en dernier recours, j'écris cette mélopée
Pour survoler la nuit, dans les cris d'une mouette
Dans les vagues et l'écume, par la terre et les airs
J'envoie cette missive en guise de « je t'aime ».
Amie que tant j'estime pour n'en avoir que faire
D'avoir pour toi tendresse, ou désir ou bien peines
Entendras tu seulement au porte du repère
Vibrants dans tant de gorges cette ultime chanson ?
Et moi même frappé des douleurs que j'exprime,
Je laisse en moi pleurer, mon étrangère sublime
...Qui m'a toujours cachée sa patrie et son nom.
La proie
Dans le bois ténébreux des forêts du domaine
Je vis en oiseau repus de la proie que j'enchaîne
Aux branches de cauchemar d'un grand chêne esseulé
Qui fut un jour témoin de nos premiers baisers.
Tes mains étendues baignent au lit de ton offrande.
Plus amènes à donner qu'attacher à reprendre,
Elle s'endorment abattues dans leurs bracelets de fer
Sans plus se pouvoir joindre pour l'ultime prière.
Lors ton vouloir volage est toujours transporté
En l'amour d'un corbeau qui te laisse crier
Lorsqu'il te blesse à mort dans ses serres ennemies
Fort qu'en ce supplice il te redonne la vie.
...Puis au soir, j'attends l'ombre de mon grand chêne mort
Pour mourir enlacé aux délires de ton corps.
Luxure
C'est une ardeur et une violence,
Qui peut brûler et puis s'enfuir,
Car la luxure est une errance,
Qui tant plus va, vient à mourir.
Elle nait au flanc de son désir
Et croît en elle et se répand,
Puis au long court s’en va périr
Au pied d’un homme dominant
Prise aux tenailles à l’en disjoindre,
Brisée au fer, pillée d’envies,
Chaque part d’elle, n’en est pas moindre
Car la luxure sublime sa vie.
C'est une rage et une errance,
Qu'il faut aimer et puis haïr,
Car la luxure est une trance,
Qui tant plus va, force à mourir.
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Eglise
Suis je deux fois maudit en te passant ces fers
D'avoir rougis ton sein, d'avoir marqué ta chair
Puis dans l'ombre fragile d'un coin de ton sommeil
A l'aube d'un jour clair provoqué cet éveil ?
En cela me voici fondant ma propre Eglise,
Avec tes fers aux pieds et la corde ou est prise,
Ton joug de prisonnière d'ou s'élève le refrain
D'un psaume dans ta bouche au claquement de ma main.
Tu lis dans ce destin la parfaite harmonie
Des passions enfantées au fil de nos vies,
Mes doigts cherchant l'accord révélé dans les sons,
De ta voix angélique en ces saintes chansons...
...Ta voix, que la pluie sourde éteint dans son remoud
Déchainant dans mes doigt un brutal courroux.
Détourne mon regard des cachots poussiéreux,
Et montre lui ton ciel pour y perdre mes yeux,
Ton oreille sensible écoutant mes prières,
Ton sourire aux éclats pour guérir ma misère,
Ta poitrine exposée éternelle reposoir,
Pour mes mains capricieuses en ce doux exutoire.
Que ceux qui sont aveugles aux plaies de la misère,
Et ceux qui n'ont d'oreille aux cris de ces prières,
Pas de coeur pour donner, mais bien pour nous ravir,
Des mains pour nous blesser mais pas pour secourir,
Trouvent tes yeux fermés sur leur propre souffrance,
Ton oreille assourdie au son de leurs errances,
Ton sein couvert et clos aux pitiés, aux pardons,
Ton âme sèche et stérile aux désirs et aux dons.
Soit ton regard ailleurs qu'en leur luxure extrême,
Soit ton oreille close à leurs cris de blasphèmes.
Pour moi, ton sein est nu et ton désir absous,
Ton bras est diligent à redoubler mes coups.
Pour moi, lève tes mains que mon bonheur enchaîne,
Et brûle ta douceur aux froideurs de mes peines...
Ecoulement
En longs filets de larmes cet adorable corps
Puise dans ce qu'il fuit, ses vérités de l'âme.
Et séparé des peurs qu'il a laissé dehors,
Par ce ruissellement se libère, se damne,
Puis s'égare pour toujours aux brûlots de mes sorts.
Plus mes rouges dessins égratignent son coeur,
Son estomac noué et sa poitrine pâle,
Plus son chemin fleuri s'avive de couleurs.
La beauté de l'éveil est pareil aux tenailles
Tirant l'une sans douceur et l'autre sans douleur.
Elle, me voulant trouver, détournera son pas,
Vers l'ombre des ornières et les buissons cachés
Ou mon corps est blotti dans un obscur vivier
Comme un fauve tapis en quête de sa proie.
Ainsi dedans sa chair blessée tout en m'aimant
Qu'elle écoute la pierre résonner sous les flots,
Qui suivent dans mes pas les larmes d'un torrent,
Et qu'elle trouve caché, par le lit du ruisseau,
Un coffre ou son portrait est seul demeurant.
Ses cris sont dissipés au vent de mon bonheur,
Ses joies sont un écho aux sons de mes pensées,
Renaissant dans mes yeux ou mourant de mes pleurs,
Et les cieux d'exigences en vers elles exprimées
Vont servir mes soupirs au puits de sa douceur.
Dans ce gouffre d'amour qui voile son regard
Cette passion démente brise en tout point ses chaines.
Et ma voix caressante parcours son corps blafard
Tout en brûlant son âme au feu de cette arène...
Ecriture
Puisses-tu mon Inconstance, avoir pitié de moi
Guéris tout en blessant mes plaies et mon émoi,
Car en prenant la plume j’exprime doublement
Ce que le Maître fait, ce que l’amante ressent
Lors, je suis et le cachot et la proie servile
Le cri de ma victime, la voix de son bourreau
Les joies de mon aimée, mes désirs immoraux
Qui en me dédoublant, rendent ma main fertile.
Je souscris par ces traits à coucher sur la feuille
Un peu de mon bonheur, une part de mes écueils
Les souvenirs fébriles de jours, de nuits, d’aurores
Dont ma mémoire s’emplit de fragments parcellaires
Un soir de fièvre ardente, un jour de réconfort
Promenant nos ébats depuis l’étoile Polaire
Vers nos caves secrètes dissimulées sous terre
Le bonheur de ton Maître à te voir son objet
J’imposerai les silences, je provoquerai les cris. Je jouirai de ton
corps, encore, encore, encore. Ta vie sera ma vie et ton âme la mienne,
là ou mon vouloir ira, le tien saura le suivre.
Tout plaisir aiguisé au fond de ma psyché sera dans cette sphère par toi réalisé.
Et plus que Dévotion ma nymphe Néréide, tu raviras ta gorge aux sources du désir.
Moi, dans ce paradis, je mépriserai la terre, et le ciel ne sera rien au prix de ta beauté.
…Si belle dans mon regard qu’il en boira tes yeux, et par lui restitué, le bonheur de ton Maître à te voir son objet.
Transvaluation
Promenant ta vertu sur un fil d’Ariane
Je te fais prisonnière des boucles d’une liane.
Et cherchant à voir tout ce que dessous tu caches
Certains habits découds, certains autres arrache
Entends, ma douce, entends la belle nuit qui marche.
Sur toi je fais couler un peu d’or volé
Aux forges d’un démon dont les bras sont ailés,
Dont la peau est tannée, dont la queue est tressée.
Il sait en embrassant, poser les marques vives
Par lesquelles ta croupe s’empourpre et se ravive.
Il baisera ton âme, tu baiseras ses pieds.
Entends, ma belle, entends la douce nuit pleurer.
Pas moins que de l’ esprit, l’abstinence du corps
Est un savant breuvage à l’usage des morts.
Mon vœu est le Désir, ma vie est la Jouissance.
Toi dont la nature berce toute mes défaillances,
A force d’évoluer dans ta quête servile,
Sous le fouet du bourreau, en trouvant le Plaisir,
Tu deviens le hochet de mon orgueil vile,
Et ta Douleur brisée à présent va mourir !
…Entends, soumise, entends la froide nuit périr.
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